Recouvrement d’âme

Image générée à l’aide de l’ IA, Corinne Maillard, tous droits réservés.

Il faut que je vous raconte…

Hier, j’ai vécu une séance extraordinaire ! Je reçois une dame dans la soixantaine qui vient me voir au cabinet pour la première fois. Elle aimerait recevoir un soin chamanique, sans trop savoir pourquoi. Elle sent que c’est juste pour elle. Appelons-la Béatrice.

On discute un peu. Parcours de vie pas facile, dès le départ. Béatrice a failli mourir à la naissance. Elle est arrivée en se présentant par le siège, les pieds en avant, avec le cordon ombilical enroulé autour du cou. Sa survie était si précaire qu’un prêtre a été appelé pour la baptiser à l’hôpital.

Dans une fratrie de cinq enfants, elle est « celle du milieu » et me confie n’avoir jamais vraiment trouvé sa place. A l’écoute de son récit de vie, je commence à percevoir des choses. Je comprends qu’elle n’a jamais vécu pour elle-même, mais plutôt comme une figurante dans les histoires des autres, embarquée dans leurs péripéties de vie, en ayant le rôle de celle qui aide, qui soutient, qui porte.

Puis, nous passons au soin chamanique à proprement parler et mon ressenti se confirme : c’est bien un recouvrement d’âme qui va avoir lieu aujourd’hui. Rien d’exceptionnel pour moi - j’en ai déjà pratiqué des dizaines au cours des huit dernières années – quand bien même c’est toujours un moment émouvant et sacré lorsqu’une personne retrouve une part d’elle-même.

Pour ceux qui ne connaissent pas, le recouvrement d’âme est une pratique issue des traditions chamaniques qui repose sur l’idée qu’au cours de certains événements difficiles de la vie — traumatismes, deuils, violences, séparations, accidents, humiliations profondes, états de peur prolongés — une partie essentielle de notre énergie vitale (« de notre âme » disent les chamanes) peut se dissocier afin de nous permettre de survivre psychiquement et émotionnellement. Cette dissociation n’est pas une faiblesse, mais un mécanisme naturel de protection qui n’est pas sans conséquences.

Lorsque ces fragments de soi ne reviennent pas spontanément, la personne peut éprouver, parfois durant de nombreuses années, un sentiment diffus de vide intérieur, de perte de vitalité, de déconnexion émotionnelle, d’impression de ne plus être entièrement présente à sa propre vie ou de ne jamais se sentir “complète”.

Le recouvrement d’âme vise symboliquement et énergétiquement à restaurer cette unité intérieure. Cette pratique ne consiste pas à “ajouter” quelque chose d’extérieur, mais à permettre le retour de ce qui appartenait déjà à l’individu, avant que certaines blessures ne provoquent une fragmentation intérieure.

Tous les êtres aspirent à la complétude, à se sentir entier.

Le processus est souvent vécu comme une reconnexion profonde à soi-même, à sa sensibilité, à sa capacité d’aimer, de ressentir, de créer ou simplement d’habiter pleinement sa propre existence.

Dans cette vision, la guérison ne signifie pas effacer le passé, mais redevenir suffisamment entier pour ne plus être défini par les blessures subies.

Revenons à Béatrice. A un certain moment du soin, je vois qu’elle tend son bras droit sur le côté. Au bout de quelques minutes, elle pose sa main droite sur son cœur et se met à sangloter, prise d’une forte émotion. Je termine le soin et laisse le silence prendre place quelques instants.

Je sais ce qui vient d’avoir lieu. J’attends que Béatrice revienne doucement à elle et parle la première. Et c’est là que j’ai été vraiment épatée !

Elle me raconte qu’elle a vu et senti une vieille femme, une grand-mère, lui tirer gentiment mais fermement le bras droit en arrière et lui déposer un petit paquet au creux de la main. Ne sachant pas ce que c’était, Béatrice lui a posé la question en esprit et la grand-mère lui a répondu très distinctement : « C’est ton âme ! ».

Ce qui m’a surprise, ce n’est pas tant la scène en elle-même, puisque je sais bien ce qu’est un recouvrement d’âme, mais c’est que Béatrice ait vu avec autant de clarté cette grand-mère qui est un esprit avec lequel je collabore depuis 2019 ! Et oui, cette ancêtre m’est très précieuse dans mon travail et dans ma vie personnelle depuis plusieurs années et je suis toujours touchée quand elle est vue et reconnue par d’autres que moi.

Hier, Béatrice a eu la confirmation de ses capacités médiumniques. Elle s’en doutait, elle avait même pris quelques cours de médiumnité par le passé, mais là le doute n’était plus permis ! Ce n’était évidemment pas le plus important pour elle dans l’expérience qu’elle venait de vivre. Elle m’a confié avoir ressenti une joie très profonde en déposant sur son cœur cette partie d’elle qui lui avait tant manqué depuis si longtemps.

J’ai envie de conclure avec ces mots :

« Merci Grand-Mère, merci la Vie ! ».

P.S. Mon départ pour la Mongolie approche à grand pas et je sens bien que ma connexion au monde des Esprits est de plus en plus active et prononcée. Je ne sais pas ce qui m’attend là-bas, mais je pressens que ça va être intense… je vous raconterai ! J’envisage d’organiser une journée de transmission à mon retour cet été, pendant que les énergies et les impressions sont encore vivaces, en fonction de ce que j’aurai compris et reçu, à partager à mon tour. A suivre…

 Avec réjouissance,

Corinne

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